En France, la génération des investisseurs formés par les cryptomonnaies a produit quelques parcours remarqués. Jonathan Nowak en fait partie : commencé à 21 ans sur les actions classiques, déçu par les rendements « normaux », il bascule vers la crypto en 2016 — avant l’heure — et devient un des visages de l’investissement crypto francophone, gérant aujourd’hui des portefeuilles pour ses clients. Portrait republicé depuis notre article d’époque, avec le recul — et les leçons — qui s’imposent.
La découverte des marchés en 2013
C’est en 2013, à 21 ans, que Jonathan Nowak commence à investir en Bourse, par la grande porte : actions cotées, allocation classique, méthodes éprouvées. Le système fonctionne — les années 2013-2015 offrent des marchés actions plutôt cléments — mais les rendements lui paraissent bridés : de l’ordre de 16 à 20 % par an dans les bonnes années, loin de ses attentes. Cette frustration est instructive en soi : elle décrit exactement le moment où un investisseur jeune, formé aux fondamentaux, se met à chercher des marchés moins efficients — des marchés où l’information est moins digérée et l’avantage de travail plus payant.
2016 : le virage crypto avant tout le monde
Par ses recherches sur internet, Jonathan Nowak découvre en 2016 l’univers des cryptomonnaies — à une époque où, en France, le sujet reste confidentiel : les médias grand public n’y consacrent presque rien, les courtiers n’y touchent pas, et la plupart des investisseurs classiques ignorait simplement cette classe d’actifs. Après avoir observé attentivement le cours du Bitcoin, il repère ce qui deviendra son marqueur de méthode : les krachs. Lors d’une chute importante du cours, là où la majorité voit la fin d’un梦想, il voit une opportunité — et décide d’y aller. Ce réflexe — acheter la panique sur un actif dont il comprend la technologie et la thèse — deviendra la signature de son parcours à travers les cycles suivants.
2013-2016 : la chronologie d’un basculement
La trajectoire prend sens dans sa chronologie. 2013-2014 : formation classique — actions, allocation, lecture des marchés ; les années d’apprentissage où l’on gagne « normalement » et où l’on mesure surtout l’écart entre l’effort fourni et le rendement obtenu. 2015 : la phase de recherche — notre article d’époque insiste sur ce point : ce n’est pas la mode qui l’amène à la crypto, c’est l’investigation personnelle, la grille des rendements possibles, la quête d’inefficences. 2016 : l’engagement — après observation du cours du Bitcoin et d’un krach, l’achat. 2017-2018 : la première épreuve du cycle — flambée médiatique puis effondrement de 80 % : le tri des convictions, où la plupart des entrants de la vague sortent avec des pertes, et où une minorité documentée consolide ses positions. 2020 et suivantes : l’institutionnalisation — la classe d’actifs mûrit, les outils s’améliorent, la gestion professionnelle s’organise. Chaque étape de cette chronologie porte une leçon : la formation classique d’abord, la recherche ensuite, l’engagement dimensionné enfin.
La méthode documentée : recherche, conviction, cycles
Le parcours raconté dans notre article d’époque fait apparaître trois traits constants. La recherche d’abord : pas d’investissement sans travail préalable — lecture des projets, compréhension de la technologie, suivi des communautés. La conviction ensuite : les positions prises après krach ne se débouclent pas à la première volatilité — elles survivent aux cycles, ce qui distingue l’investisseur du trader. L’acceptation du risque enfin : investir dans un actif capable de perdre 70 % de sa valeur suppose d’avoir dimensionné la position pour que cette perte reste supportable — la règle que notre guide crypto-monnaie pose aujourd’hui comme préalable absolu.
Gérer des portefeuilles : le changement de responsabilité
De l’investissement pour son compte à la gestion de portefeuilles clients, le saut est plus grand qu’il n’y paraît. La gestion pour autrui ajoute trois exigences : une discipline de communication (expliquer les stratégies, y compris quand elles déçoivent), une gestion du risque pondérée par la situation de chaque client, et un cadre légal adapté — la gestion pour le compte de tiers étant, en France comme ailleurs, une activité réglementée. Le parcours de Jonathan Nowak illustre la professionnalisation progressive de la crypto francophone : d’un actif d’initiés autodidactes vers un métier encadré, avec ses devoirs. Pour le client, cette évolution change aussi la question à poser : le talent brut ne suffit plus — agréments, transparence des stratégies, séparation des actifs, communication en cas de pertes : c’est la checklist du professionnel, par-delà la performance affichée. L’histoire récente de la crypto — plateformes disparues, gestionnaires improvisés — a rappelé que la confiance se vérifie dans la structure, pas dans les promesses.
2016-2026 : ce que le recelé décennium valide
Avec dix ans de recul, le pari de 2016 se lit autrement qu’au moment de notre article. Celui qui a acheté du Bitcoin après le krach de 2016, puis traversé les cycles de 2018, 2021 et suivants en gardant ses positions, a connu des trajectoires spectaculaires — entrecoupées de drawdowns de 70 à 80 % qui ont éliminé la majorité des entrants. La leçon du parcours n’est donc pas « la crypto rend riche » — elle est plus modeste et plus utile : les rendements exceptionnels sont allés à ceux qui ont fait le travail avant la foule, dimensionné leur risque, et survécu aux cycles. Les trois conditions sont liées : sans dimensionnement, pas de survie ; sans survie, pas de cycle à chevaucher. Cette grammaire vaut pour toute classe d’actifs jeune et volatile — elle est le cœur de notre page sur le début sans levier.
Ce qu’un jeune investisseur peut en retenir (et ce qu’il ne doit pas)
À retenir : la valeur du travail sur les marchés peu couverts — c’est là que l’effort d’analyse paie le plus ; la discipline d’achat sur la panique — à condition de connaître l’actif mieux que le marché ; la patience à traverser les cycles — le seul horizon où les actifs volatils récompensent. À ne PAS retenir : l’idée qu’un parcours est reproductible en copiant ses positions. Les rendements de 2016 viennent d’un moment précis — jeunesse de la classe d’actifs, inefficences massives, adoption naissante — qui n’existe plus à l’identique. Copier un portefeuille sans le raisonnement, c’est hériter des risques sans l’avantage. Pour construire le sien, les bases restent : notre guide comment investir, et pour la partie crypto, la page crypto-monnaie.
Le contexte français de 2016 : entrer seul dans l’inconnu
Il faut se souvenir de ce que représentait la crypto en France en 2016 pour mesurer le saut. Aucune réglementation dédiée n’existait encore ; les plateformes d’accès étaient étrangères, anglophones, et leurs interfaces rudimentaires ; aucun livre en français, presque aucun média : les rares contenus francophones venaient de blogs tenus par des passionnés. Acheter du Bitcoin supposait apprendre soi-même la chaîne complète — compte, wallet, clés privées, transferts — sans filet et sans service client en français. Ce contexte explique à la fois la rareté des entrants précoces et la nature autodidacte de leur formation : en l’absence d’institutions pour les guider, ils ont construit leur culture directement sur les sources primaires — whitepapers, forums techniques, données on-chain. La difficulté d’accès était, rétrospectivement, la première barrière à l’entrée : elle réservait le marché à ceux qui acceptaient l’effort — une sélection par la curiosité que l’ère des interfaces simplifiées a depuis abolie.
Les figures de la génération crypto francophone
Jonathan Nowak appartient à une première génération — celle qui est entrée avant les institutions : des autodidactes formés par les forums, les whitepapers et les cycles, puis par la gestion réelle. Cette génération a joué un rôle utile au-delà de ses performances individuelles : elle a traduit, expliqué, vulgarisé — rendant accessibles à un public francophone des concepts nés en anglais (wallets, consensus, DeFi). La décennie suivante a vu arriver les institutionnels, les ETF, la conformité — et le rôle des pionniers évoluer vers la gestion, la formation, l’analyse. Documenter ces parcours, comme le faisait notre site d’origine, reste utile : ils montrent comment une classe d’actifs grandit — par des individus qui font le travail tôt.
Trois moments clés que le parcours éclaire
Le moment de la recherche (2015-2016). Toutes les carrières d’investisseur commencent par une phase invisible : celle où l’on lit, compare, écarte — sans positionner un euro. Plus le marché est jeune, plus cette phase paie : sur un actif peu couvert, quelques mois de lecture sérieuse suffisent à prendre une longueur d’avance sur la foule. Le signe distinctif du précurseur n’est pas le courage d’acheter : c’est la patience d’apprendre avant.
Le moment du krach (à répétition). Chaque cycle crypto a offert le même test : une chute de 50 à 80 %, une presse annonçant la fin, et deux comportements possibles — vendre la panique ou tenir sa thèse. Les parcours durables sont ceux des investisseurs qui avaient dimensionné leurs positions POUR ce test : la conviction sans dimensionnement casse au premier krach ; le dimensionnement sans conviction ne se remplit jamais. Les deux ensemble font la différence.
Le moment de la responsabilité (la gestion). Passer de son compte à celui des clients transforme le métier : la performance cesse d’être la seule métrique — la communication, la conformité, la gestion des attentes deviennent aussi importantes. C’est l’étape où l’aventure devient profession : le parcours des pionniers francophones rejoint alors, toutes proportions gardées, celui de tous les gestionnaires de l’histoire — de Jones aux fonds modernes.
FAQ : les questions fréquentes sur Jonathan Nowak
Qui est Jonathan Nowak ?
Un investisseur français commencé en Bourse à 21 ans (2013), viré vers les cryptomonnaies en 2016 — avant leur médiatisation — et devenu gestionnaire de portefeuilles pour clients. Son parcours est documenté dans notre article d’époque republicé ici.
Pourquoi s’intéresser à son parcours ?
Comme cas d’école d’entrée précoce sur un marché inefficient : recherche personnelle, achat sur krach, traversée des cycles. Les rendements viennent du moment ET de la méthode — pas de la chance seule.
Jonathan Nowak donne-t-il des conseils d’achat ?
Notre page ne relaie aucune recommandation : elle documente un parcours et en extrait des principes (travail, dimensionnement, patience). Aucune position d’un tiers ne remplace votre propre méthode.
Peut-on reproduire sa stratégie en 2026 ?
Les conditions de 2016 (inefficences massives, actif inconnu) n’existent plus à l’identique. Les principes — analyse précoce, achat discipliné sur panique, survie aux cycles — restent valables ; la copie de positions, non.
Qu’est-ce qui distingue les pionniers des suiveurs de 2017 ?
L’ordre d’arrivée et la raison d’entrer : les premiers (2013-2016) sont venus par recherche — technologie, thèse, inefficences — et avaient déjà des positions quand la vague médiatique est arrivée. Les seconds (2017) sont venus par la performance visible — et ont majoritairement acheté les sommets. Même marché, mêmes outils : deux populations, deux destins.
La gestion de portefeuilles crypto pour des clients est-elle réglementée ?
Oui : la gestion pour le compte de tiers est une activité encadrée en France, a fortiori sur actifs numériques. Vérifiez toujours les agréments avant de confier un capital — le réflexe que nous recommandons pour tout gestionnaire.
En résumé
Le parcours de Jonathan Nowak — de la Bourse classique à la crypto de 2016, jusqu’à la gestion — documente un moment précis : l’entrée des pionniers francophones sur une classe d’actifs naissante. Sa valeur aujourd’hui n’est pas dans les chiffres d’hier, mais dans la méthode qu’il illustre : travailler là où les autres ne regardent pas encore, acheter la panique qu’on a comprise, dimensionner pour survivre. Des principes qui resteront vrais après la crypto — comme ils l’étaient avant elle. Car au fond, chaque génération d’actifs refait le même film : un marché ignoré, quelques curieux qui font le travail, une vague qui suit, un krach qui trie — et une professionnalisation qui consacre les survivants. Les noms changent ; la mécanique demeure. La prochaine classe d’actifs « impossible » est déjà quelque part sur un whitepaper ou dans un laboratoire — attendant ses propres pionniers. Ceux qui voudront jouer ce rôle sauront où commencer : par la phase que tout le monde saute — apprendre.