Le hedging (ou couverture, en français) consiste à ouvrir une position dont la valeur évolue dans le sens inverse d’une position existante, pour limiter les pertes en cas de mouvement défavorable du marché. C’est une forme d’assurance : on accepte un coût, ou un gain plus faible, en échange d’une protection. Les investisseurs se couvrent avec des options, des contrats à terme, des CFD, des paires de devises corrélées ou des actifs refuges. Le hedging réduit le risque, il ne le supprime pas, et il réduit aussi le potentiel de gain.
Avertissement : les CFD sont des instruments complexes qui présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l’effet de levier. Une majorité de comptes d’investisseurs particuliers perdent de l’argent en tradant des CFD. Assurez-vous de comprendre leur fonctionnement et de pouvoir vous permettre de prendre ce risque élevé de perdre votre argent.
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Hedging : traduction et définition
Hedge signifie « haie » en anglais. Au sens figuré, to hedge veut dire se protéger, limiter un risque. En finance, la traduction française de hedging est couverture (ou couverture des risques).
Une couverture est une position prise pour compenser le risque d’une autre position. Si vous détenez des actions et que vous craignez une baisse, vous pouvez prendre une position qui gagne de l’argent quand ces actions baissent. Si la baisse arrive, le gain de la couverture compense tout ou partie de la perte sur les actions.
Hedger n’est donc pas spéculer. Le spéculateur cherche à maximiser un gain en pariant sur un mouvement. Celui qui se couvre cherche à réduire une exposition qu’il a déjà.
Comment fonctionne le hedging ?
Le principe repose sur la corrélation : on combine deux positions dont les résultats évoluent en sens contraire.
- Couverture totale : la position de couverture compense entièrement l’exposition. Votre résultat ne bouge presque plus, quel que soit le sens du marché.
- Couverture partielle : vous ne couvrez qu’une partie, par exemple 50 %. Vous gardez une partie du potentiel de hausse et vous limitez la baisse.
On peut se couvrir :
- sur le même actif, avec une position opposée (couverture directe) ;
- sur un actif différent mais corrélé (couverture croisée), par exemple un indice pour protéger un portefeuille d’actions ;
- avec un produit dérivé qui joue le rôle d’assurance, comme une option put.
Les instruments de couverture
| Instrument | Comment il couvre | Coût principal | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Options (put, call) | Le put prend de la valeur quand l’actif baisse ; il fixe un prix de vente minimum | La prime, payée d’avance | Investisseurs en actions, portefeuilles |
| Contrats à terme (futures) | Fixent aujourd’hui un prix d’achat ou de vente futur | Dépôt de garantie, commissions | Entreprises, producteurs, gros portefeuilles |
| Forwards et swaps de change | Fixent un taux de change futur | Écart de taux intégré au prix | Entreprises exportatrices et importatrices |
| CFD (vente à découvert) | Une position vendeuse gagne quand l’actif baisse | Spread, frais de financement overnight | Traders particuliers |
| Paires de devises corrélées | Deux paires qui évoluent en sens inverse se compensent | Deux spreads, deux swaps | Traders forex |
| Actifs refuges (or, certaines devises) | Tendent à monter quand les marchés chutent | Coût de détention, pas de garantie | Investisseurs long terme |
| ETF inverses | Évoluent à l’inverse d’un indice | Frais de gestion, dérive dans le temps | Couverture de courte durée |
Les principales stratégies de hedging
1. La couverture directe (hedging direct)
Vous ouvrez une position opposée sur le même actif. Si vous êtes acheteur de 1 lot EUR/USD, vous ouvrez une vente de 1 lot EUR/USD.
Pourquoi ne pas simplement clôturer ? Parce que la couverture permet de garder la position initiale ouverte, par exemple en attendant une annonce économique, puis de retirer la couverture si le marché repart dans votre sens. En pratique, une couverture directe totale fige le résultat : vos deux positions se compensent, mais vous payez deux fois le spread et les frais de financement.
2. La couverture avec des options
C’est la méthode la plus proche d’une assurance. Vous détenez une action et vous achetez une option put, qui vous donne le droit de vendre cette action à un prix fixé (le prix d’exercice) jusqu’à une date donnée.
- Si l’action chute sous le prix d’exercice, le put compense la baisse.
- Si l’action monte, vous perdez seulement la prime payée, et vous profitez de la hausse.
Une variante est le collar (ou tunnel) : vous achetez un put pour vous protéger et vous vendez un call pour financer tout ou partie de la prime. En échange, vous renoncez aux gains au-delà du prix d’exercice du call.
3. Le delta hedging
Le delta mesure la sensibilité d’une option au prix de l’actif sous-jacent. Une option de delta 0,5 varie d’environ 0,5 point quand le sous-jacent varie de 1 point. Pour neutraliser ce risque, on prend une position opposée sur le sous-jacent proportionnelle au delta.
Exemple : vous détenez une option call d’un delta de 0,75 portant sur 100 actions. Votre exposition équivaut à environ 75 actions. Vendre 75 actions (en direct ou via CFD) rend la position delta neutre. Comme le delta change avec le prix, cette couverture doit être réajustée régulièrement. C’est une technique surtout utilisée par les banques et les traders d’options.
4. La couverture avec des contrats à terme
Un contrat à terme fixe aujourd’hui le prix d’une transaction future.
- Short hedge : vous détenez un actif et craignez une baisse. Vous vendez un contrat à terme pour bloquer votre prix de vente.
- Long hedge : vous devrez acheter un actif plus tard et craignez une hausse. Vous achetez un contrat à terme pour bloquer votre prix d’achat.
C’est la couverture des entreprises : une compagnie aérienne achète du carburant à terme pour se protéger d’une hausse du pétrole, un producteur agricole vend sa récolte à terme pour se protéger d’une baisse des prix.
5. La couverture avec des paires de devises corrélées
Sur le forex, certaines paires évoluent ensemble (corrélation positive) et d’autres en sens inverse (corrélation négative).
- EUR/USD et GBP/USD sont généralement corrélées positivement : un achat d’EUR/USD peut être en partie couvert par une vente de GBP/USD.
- EUR/USD et USD/CHF sont généralement corrélées négativement : un achat d’EUR/USD peut être en partie couvert par un achat de USD/CHF.
Attention au sens : acheter EUR/USD et vendre USD/CHF ne couvre rien, cela revient à doubler votre exposition contre le dollar. Et les corrélations changent : une couverture qui marchait hier peut ne plus fonctionner demain.
6. La couverture de change
Un investisseur européen qui détient des actions américaines est exposé à la baisse du dollar face à l’euro. Il peut se couvrir avec une position vendeuse sur USD (par exemple un achat d’EUR/USD), ou choisir un ETF « hedgé en euros », qui intègre cette couverture. Les entreprises exportatrices font la même chose avec des contrats de change à terme.
7. La diversification et les actifs refuges
Répartir son capital entre des actifs peu corrélés (actions, obligations, or) réduit le risque global, par dilution. Ce n’est pas une couverture au sens strict, car aucune position n’est conçue pour compenser une autre. L’or, certaines devises comme le franc suisse ou le yen, et les indices de volatilité ont souvent servi de refuges dans les crises, comme en mars 2020, mais aucun refuge ne monte à coup sûr.
Exemples chiffrés de hedging
Exemple 1 : couverture directe sur EUR/USD
Vous achetez 1 lot standard d’EUR/USD (100 000 €) à 1,1000. Une valeur de 1 pip vaut environ 10 $. Le prix baisse à 1,0950 avant une annonce de la Banque centrale européenne. Vous craignez une chute plus forte, mais vous pensez que la tendance de fond reste haussière.
- Vous ouvrez une vente de 1 lot à 1,0950.
- Votre perte latente est figée à 50 pips, soit environ 500 $, plus deux spreads.
- Après l’annonce, le prix tombe à 1,0850 puis remonte. Vous clôturez la vente à 1,0850 (gain de 100 pips, environ 1 000 $) et gardez l’achat.
- Si le prix remonte ensuite à 1,1000, l’achat revient à l’équilibre et le gain de la couverture reste acquis.
Ce scénario est favorable. Si le prix était reparti directement à la hausse après la couverture, vous auriez simplement perdu les frais, et vous auriez dû choisir le bon moment pour retirer la couverture. Le hedging déplace la difficulté : il faut décider quand l’ouvrir et quand le fermer.
Exemple 2 : protéger un portefeuille d’actions avec un put
Vous détenez 100 actions à 150 €, soit 15 000 €. Vous achetez des puts qui vous donnent le droit de vendre ces 100 actions à 140 €. Supposons une prime totale de 300 € (le prix réel dépend de la volatilité et de la durée).
| Cours à l’échéance | Valeur des actions | Gain du put | Prime payée | Résultat total |
|---|---|---|---|---|
| 170 € | 17 000 € | 0 € | −300 € | +1 700 € |
| 150 € | 15 000 € | 0 € | −300 € | −300 € |
| 120 € | 12 000 € | +2 000 € | −300 € | −1 300 € |
| 100 € | 10 000 € | +4 000 € | −300 € | −1 300 € |
Quelle que soit la baisse, la perte maximale est limitée à 1 300 € (les 10 € par action entre 150 € et 140 €, plus la prime). Sans couverture, à 100 €, la perte aurait été de 5 000 €.
Exemple 3 : couverture partielle d’un indice
Vous détenez 20 000 € d’un ETF sur le CAC 40. Avant une période de résultats d’entreprises, vous vendez l’équivalent de 10 000 € de CAC 40 via un CFD. Si l’indice baisse de 5 %, votre ETF perd 1 000 € et le CFD en gagne environ 500 € : la perte nette tombe à environ 500 €, plus les frais. Si l’indice monte de 5 %, vous gagnez 1 000 € sur l’ETF et perdez environ 500 € sur le CFD.
Avantages et inconvénients du hedging
Avantages
- Limiter les pertes lors d’un événement risqué (annonce de banque centrale, élection, résultats).
- Garder ses positions de long terme sans les vendre (et sans déclencher d’imposition sur les plus-values).
- Protéger des gains déjà acquis.
- Réduire le stress et les décisions émotionnelles en période de forte volatilité.
Inconvénients
- Un coût : prime des options, spreads, commissions, frais de financement.
- Un gain plafonné : réduire le risque réduit presque toujours le potentiel de gain.
- De la complexité : il faut choisir l’instrument, la taille et le moment, puis gérer la sortie.
- Une protection imparfaite : gaps, slippage et changements de corrélation peuvent rendre la couverture moins efficace que prévu.
- Un risque de sur-couverture : couvrir plus que son exposition revient à spéculer dans l’autre sens.
Combien coûte une couverture ?
| Coût | D’où il vient |
|---|---|
| Prime | Payée à l’achat d’une option, perdue si l’option expire sans valeur |
| Spread payé deux fois | Chaque position (initiale et couverture) a son propre spread |
| Frais de financement overnight (swap) | Sur des CFD ou du forex, les deux positions supportent des frais de nuit ; en général, le total est négatif |
| Commissions | Sur chaque ordre, à l’ouverture et à la clôture |
| Coût d’opportunité | Le gain que vous ne faites pas si le marché va dans votre sens |
| Marge immobilisée | Selon le courtier, la couverture peut demander de la marge en plus |
Une couverture directe totale maintenue plusieurs semaines est rarement rentable : vous payez des frais chaque nuit pour un résultat figé. Dans ce cas, clôturer la position est souvent plus simple et moins cher.
Le hedging est-il autorisé ? Règles et plateformes
En France et dans l’Union européenne, le hedging est légal. Les règles européennes de l’ESMA sur les CFD encadrent l’effet de levier proposé aux particuliers et imposent une protection contre le solde négatif, mais n’interdisent pas de détenir des positions opposées.
Aux États-Unis, la NFA interdit aux courtiers forex de laisser leurs clients particuliers détenir des positions opposées sur la même paire dans le même compte, et impose la règle FIFO (premier entré, premier sorti) pour clôturer les positions.
Sur MetaTrader :
- MetaTrader 4 permet en général d’ouvrir des positions opposées sur le même actif ;
- MetaTrader 5 propose deux modes de compte : hedging, où chaque position reste séparée, et netting, où une vente vient réduire ou annuler l’achat existant au lieu de créer une position de couverture.
Tous les courtiers ne proposent pas le mode hedging : vérifiez-le avant d’ouvrir un compte.
Pratiquer sur un compte démo : pour tester une couverture sans risquer d’argent, utilisez un compte de démonstration MT4 ou MT5 chez un courtier qui autorise le hedging, comme <a href= »/goto/vantage/ » rel= »sponsored nofollow »>Vantage</a> (lire aussi notre avis Vantage). Avant d’ouvrir un compte réel, vérifiez l’entité qui vous servira et sa régulation, et rappelez-vous que le trading de CFD comporte un risque élevé de perte en capital.
Hedging et hedge funds : quelle différence ?
Le nom des hedge funds vient du hedging : en 1949, Alfred Winslow Jones a créé un fonds qui achetait des actions et en vendait d’autres à découvert, pour se couvrir contre la baisse globale du marché. On parlait alors de « hedged fund ».
Aujourd’hui, le terme désigne des fonds d’investissement alternatifs (fonds spéculatifs) qui utilisent des stratégies variées : vente à découvert, effet de levier, produits dérivés, arbitrage. Beaucoup ne cherchent plus du tout à se couvrir, mais à obtenir un rendement quel que soit le marché. Ils sont réservés en général aux investisseurs fortunés ou professionnels.
En résumé : le hedging est une technique de réduction du risque ; un hedge fund est un type de fonds, souvent risqué.
Qui doit utiliser le hedging ?
- Les entreprises se couvrent contre les variations des devises, des taux d’intérêt et des matières premières : c’est leur usage principal.
- Les investisseurs long terme peuvent couvrir ponctuellement un portefeuille avant un événement risqué, sans vendre leurs titres.
- Les swing traders utilisent parfois une couverture partielle pour protéger des gains en attendant une confirmation.
- Les scalpeurs et day traders en ont rarement besoin : un stop loss ou une clôture rapide est plus simple et moins cher.
Si vous débutez, commencez par les outils plus simples de gestion du risque : la taille de position, le stop loss et la diversification. Le hedging vient ensuite, quand vous maîtrisez les produits dérivés.
FAQ sur le hedging
Qu’est-ce que le hedging en termes simples ?
C’est une assurance financière : vous ouvrez une position qui gagne de l’argent si votre position principale en perd, pour limiter vos pertes.
Quelle est la traduction de hedging en français ?
Couverture, ou couverture des risques. Hedge signifie « haie » en anglais, au sens d’une protection.
Le hedging est-il légal en France ?
Oui. Il est légal en France et dans l’Union européenne. En revanche, il est restreint pour les clients forex particuliers aux États-Unis.
Le hedging élimine-t-il tout risque ?
Non. Il réduit le risque mais ne le supprime pas : les gaps, le slippage, les changements de corrélation et les frais peuvent laisser une perte.
Quelle est la différence entre hedging et stop loss ?
Le stop loss ferme la position quand un prix est atteint : la perte est réalisée. Le hedging garde la position ouverte et compense la perte avec une autre position, ce qui permet de revenir en arrière si le marché se retourne, mais coûte plus cher.
Quelle est la différence entre hedging et diversification ?
La couverture vise un risque précis avec une position conçue pour le compenser. La diversification répartit le capital entre plusieurs actifs pour réduire le risque global.
Peut-on faire du hedging sur les cryptomonnaies ?
Oui, avec des contrats à terme, des options ou des CFD sur crypto, ou en convertissant une partie de ses positions en stablecoins. La forte volatilité des cryptos rend toutefois ces couvertures coûteuses et imparfaites.
Le hedging est-il rentable ?
Ce n’est pas son objectif. Une couverture coûte de l’argent ; elle est utile si elle vous évite une perte plus grande que son coût.
